Ensemble Scolaire Saint Adrien

Cadre Commun Européen de Référence des Langues

Le CECRL au lycée St Adrien.

Depuis fin 2005, les instructions officielles incitent les professeurs de langues vivantes à introduire dans leurs pratiques de cours le CECRL. Les textes du B.O. parlent à ce sujet d'  « une approche rénovée ».La même année paraissait aux éditions Didier l'ouvrage de Francis Goullier (IGEN- Représentant national de la Division des Politiques Linguistiques au Conseil de l'Europe) qui allait servir de référence à tous les enseignants de L.V. : Les outils du Conseil de l'Europe en classe de langue- Cadre européen commun et Portfolios.

Dès la parution de tous ces documents, les académies ont mis en place des actions de réflexion, puis de formation à destination des enseignants, certaines comme celle de Rennes ont joué dans ce domaine le rôle de précurseur et de pilote pour les autres. Dans la nôtre, des stages de formation auxquels plusieurs d'entre nous ont participé, ont été proposés tout comme dans l'Enseignement Public par les instances compétentes de l'Enseignement Privé, surtout à compter de l'année 2006-2007. Parallèlement à ces stages, des conférences animées par M.Goullier en personne ou des IPR de diverses académies ont été proposées.

En juin 2007, deux journées d'information sur les Groupes de Compétences  (G.C.) en lien avec le CECRL et destinées à la fois aux enseignants et aux chefs d'établissements du public comme du privé ont été organisées par les IPR de LV de notre académie au CRDP de Lille. Notre directeur d'alors, M.Ballenghien, y a participé avec plusieurs d'entre nous, ainsi que M.Galiègue pour la partie consacrée à la confection des emplois du temps. Ces journées ont permis de prendre connaissance des expériences déjà menées dans l'Académie et nous ont aidés à y voir plus clair.

M.Ballenghien qui depuis plusieurs mois nous incitait à nous lancer dans cette aventure, a souhaité alors que nous utilisions l'année 2008-2009 comme année de préparation à l'introduction au lycée du CECRL et des G.C. Il faut souligner ici que toute cette démarche repose sur le volontariat, même si les IPR seront vigilants à la mise en place de celle-ci dans les années qui viennent.

D'un commun accord, les professeurs de L.V  du lycée (accompagnés de la coordinatrice du collège, Mme Botte) se sont donc réunis l'an dernier chaque mois afin d'échanger informations, documents, expériences  et de prendre des décisions. A cet effet, L.Wallez, C.Cloutour et moi-même nous sommes rendus au lycée Ste Marie à Beaucamps- Ligny en mai 2008 afin de rencontrer nos collègues de L.V. qui s'étaient lancés dans cette expérience en collaboration avec le lycée St Paul de Lens. Suite à cet échange, notre équipe s'est réunie en juin 2008 pour décider en accord avec M.Ballenghien d'introduire le CECRL  et les G.C. dans 4 quatre classes de seconde sur huit à la rentrée 2008, ceci pour des questions de moyens horaires et de  nombre  d'enseignants disponibles.

Depuis septembre 2008, la plupart des enseignants de LV, nourris  de cette longue préparation, ont donc mis en pratique dans les classes de 2°1-2-3-4 cette nouvelle approche en expliquant aux élèves les objectifs et la démarche pour y parvenir. Les parents en ont été également informés lors des réunions de fin septembre. Mais en quoi consiste-t-elle ?

Il s'agit d'une démarche  basée sur l'action (le  projet) que l'élève ou le groupe doit réaliser pour atteindre ( si elle est validée à plusieurs reprises) un niveau du CECRL allant de A1 (utilisateur élémentaire) à C2 (utilisateur expérimenté), plus précisément A2 (niveau intermédiaire) évalué au Brevet des Collèges depuis juin 2008 , B1 (niveau seuil) en classe de 2nde et de 1ère pour les amener au niveau B2 évalué au Baccalauréat.

Les groupes constitués en 2°1-2-3-4 en début d'année  ont pu avoir des effectifs allégés( de 18 à 24 élèves) par rapport aux autres secondes grâce à la suppression de la distinction LV1/LV2 qui a permis d'obtenir un horaire hebdomadaire de 3h/LV. Après avoir entraîné nos élèves comme d'habitude dans toutes les activités langagières (CE/CO/EE/EO  en continu ou dialoguée), nous avons procédé début octobre à une évaluation diagnostique dans ces activités. Suite à celle-ci, les enseignants d'espagnol et d'allemand ont constitué des G.C. après la Toussaint en fonction des résultats obtenus, associant dans un groupe des élèves ayant le même profil (réussite dans un domaine et échec dans un autre) avec d'autres élèves ayant réussi dans tous les domaines ou presque. Nos collègues hispanistes ont choisi de multiplier les tâches spécifiques  selon  les trois groupes trois axes de regroupement : CO/CE, EOC/EOD, EE s'inscrivant dans une séquence ayant la même tâche finale pour les trois groupes. En allemand, nous avons décidé de travailler la méthodologie de la CE (Mme Lequien) ou de la CO (moi-même) afin de redonner confiance à certains élèves, puis de retravailler l'ensemble des activités langagières jusqu'à la prochaine évaluation diagnostique en février. Tout sera alors remis à plat.

Les professeurs d'anglais ont fait le choix de rentrer cette année dans le CECRL  sans changer les élèves de groupe car ils doivent créer de toutes pièces l'ensemble des tâches correspondant aux objectifs visés du CECRL pour chacune des activités langagières. Lors d'une réunion en décembre 2008 avec leurs collègues du collège, ils ont exprimé le souhait de proposer ponctuellement, dans un premier temps, des ateliers de besoin dans des compétences ciblées (en remédiation ou en approfondissement).

Suite au changement de groupes effectués après la Toussaint nous avons pu noter les progrès des élèves dans des domaines comme l'E.O. où la prise de parole s'effectue avec plus de confiance et en C.O./C.E. où nous le sentons plus rassurés par rapport à des tâches qui leur posaient problème. Les élèves ne disent plus qu'ils sont nuls puisqu'ils parviennent à réaliser certaines tâches, ont le sentiment de progresser, moins celui d'échec et nous les trouvons moins passifs, plus attentifs en général.

PHILIPPE HAVET

( en collaboration avec LAURENCE WALLEZ et CHRISTIAN CLOUTOUR)